« J’ai honte de manger, honte de mon corps » : comment la culture des régimes utilise la honte pour te contrôler

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Cet article et épisode vient d’une anecdote d’une cliente en accompagnement, qui m’avait particulièrement marquée où elle me racontait avoir honte de ce qu’elle mangeait.

Elle m’avait confié : « Bah en fait, voilà, en ce moment je mange gras et sucré et j’ai honte de moi. »

Cette phrase m’avait frappée parce que la honte, c’est une émotion puissante, pesante, intense.

Et surtout, c’est très fort de dire qu’on a honte de quelque chose… ou de nous-mêmes.

En rédigeant ma newsletter à ce sujet, j’ai réalisé que la honte est souvent très liée au genre féminin et à notre socialisation en tant que femmes. Et ce n’est pas uniquement lié à l’alimentation.

Alors dans cet article, j’aimerais explorer avec vous : qu’est-ce que la honte, pourquoi les femmes y sont-elles plus sensibles, et surtout comment la culture des régimes et la société utilisent cette émotion comme un outil de contrôle.

Bonne lecture !

🎧 Tu peux écouter l’épisode correspondant à cet article sur mon podcast Reset ton assiette, le podcast de référence sur l’Alimentation Intuitive, la culture des régimes, le féminisme…

Sommaire :

  1. Qu’est-ce que la honte ? et la différence avec la culpabilité
  2. La honte de notre alimentation et de notre corps : comment la diet culture la provoque

Qu’est-ce que la honte ? et la différence avec la culpabilité

Commençons par poser les bases : la honte, c’est quoi ? Selon sa définition, c’est un sentiment d’abaissement et d’humiliation, un déshonneur ressenti lorsqu’il y a atteinte à notre dignité.

La honte touche à notre estime de nous-mêmes, comment nous nous percevons en tant que personne.

C’est différent de la culpabilité. La culpabilité est liée à nos actions, tandis que la honte touche l’identité.

Par exemple, ma cliente qui avait honte de manger gras et sucré : ce n’était pas seulement le fait de manger, c’était un déshonneur personnel, car elle avait associé ce comportement à une faute, à une atteinte à son identité.


La honte de notre alimentation, de notre corps, de notre poids : comment la diet culture la provoque

La honte est un levier puissant dans la culture des régimes, notamment à travers deux concepts : le body shaming et le food shaming.

  • Body shaming : c’est lorsque notre corps est jugé ou critiqué. Par exemple, entendre « Ah, tu as pris du poids » ou « Tu devrais faire un effort pour t’entretenir », ou le fameux « je me laisse aller »
    Ces phrases traduisent l’idée que notre valeur dépend de notre apparence.
    Cette forme de shaming est très liée à la grossophobie.
  • Food shaming : c’est la même chose mais appliquée à l’alimentation.
    Par exemple, « Tu es sûr que tu veux manger ça ? » ou « Tu devrais limiter le sucre ».

Ces deux formes de honte sont connectées et servent à nous contrôler.

Si nous avons honte de notre corps ou de notre alimentation, nous cherchons à changer pour correspondre aux attentes de la société, et nous devenons des soldates de la culture des régimes.

La grossophobie est aussi un levier puissant de contrôle du corps des femmes en nous faisant avoir honte de notre poids ou d’éventuelles prises de poids.


Un contrôle social invisible

La honte ne vient pas seulement des médias ou des remarques extérieures.

Elle est ancrée dès l’enfance dans notre socialisation, surtout pour les femmes :

  • On nous apprend à cacher notre corps, à ne pas être provocante, à ne pas attirer l’attention.
  • La honte est utilisée pour réguler nos comportements, notre apparence, notre alimentation (on se tient à carreaux)

Elle agit comme un contrôle invisible : si nous n’avions pas honte, nous ferions ce que nous voulons, mangerions ce que nous voulons et montrerions nos corps sans crainte.

La honte nous fait nous conformer sans que nous nous en rendions compte. Car si on ne le fait pas, on s’expose à des sanctions et du jugement.


La honte corporelle et alimentaire : une émotion créée et spécifique

La honte touche particulièrement les femmes dans plusieurs domaines :

1. La honte liée au corps (grossophobie intériorisée, peur de grossir, prise de poids)

On nous apprend très tôt à avoir honte de notre corps quand on est une femme : notre poids, nos poils, nos formes, nos règles. Par exemple :

  • La honte des menstruations et de la biologie féminine (« il ne faut pas que quelqu’un voie que j’ai mes règles »).
  • La honte de nos poils et de l’apparence (« tu dois t’épiler »).
  • La honte liée à l’apparence et au regard masculin : on nous fait porter le poids du jugement, consciemment ou non.

Il y a toujours quelque chose liée à notre corps qui est considéré comme honteux, à changer, à cacher.

2. La honte alimentaire

La société impose des normes sur comment une femme doit manger : peu, léger, raisonnable.

Si nous avons un grand appétit ou que nous mangeons ce que nous aimons, la honte peut apparaître immédiatement.

Par exemple, entendre « Waouh, tu vas manger tout ça ? » déclenche un sentiment de transgression, alors qu’il n’y a rien de mal à cela.

3. La honte et les TCA

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont souvent entourés de honte, de silence et de tabou.

Les personnes atteintes se sentent isolées, honteuses de leurs compulsions, de leurs restrictions ou de leurs comportements alimentaires atypiques. La honte renforce l’isolement et entretient les TCA.


La honte se nourrit du silence et du tabou : parlons-en 💜

La honte grandit lorsqu’on ne parle pas. Que ce soit de notre corps, de notre sexualité, de nos menstruations ou de nos troubles alimentaires, le tabou et l’isolement amplifient la honte.

  • Dans le cadre des violences sexuelles ou sexistes, la honte est souvent retournée contre la victime : « c’est ta faute ».
  • Dans le cadre des TCA, on nous fait croire que nos compulsions, ou nos prises de poids sont un manque de volonté, de discipline… La culture des régimes nous faire croire que nos comportements alimentaires définissent notre valeur.

D’où l’importance de mettre des mots, d’oser parler et de ne pas rester isolée 💜

C’est pourquoi j’aime proposer des espaces de groupe dans mes accompagnements pour en parler entre femmes et sortir du silence.


Comment s’en détacher dans notre alimentation et notre rapport au corps

Il est possible de changer de narratif face à la honte :

  1. Observer la honte : Identifier ce qui vous fait honte et d’où cela vient.
  2. Décortiquer les injonctions : Comprendre que ces sentiments sont souvent internalisés par la société, pas une vérité personnelle.
  3. Changer de regard sur soi : Votre valeur n’est pas liée à votre poids, votre apparence ou votre alimentation.
  4. Parler : Discuter avec un thérapeute, un proche ou un groupe de personnes partageant vos expériences permet de désamorcer la honte et de se libérer des tabous.

La honte : un outil de contrôle à désamorcer et travailler

La honte n’est pas une émotion intrinsèquement mauvaise, mais elle a été utilisée comme outil de contrôle social et culturel, surtout pour les femmes.

Dans la culture des régimes et dans la société patriarcale, elle sert à nous faire douter de nous-mêmes, nous conformer et rester silencieuses.

Le vrai travail consiste à comprendre son origine, à mettre de la lumière dessus et à reconnecter avec sa valeur intrinsèque.

  • Il n’y a aucune honte à avoir des TCA, à aimer manger ce que l’on veut ou à avoir un corps qui ne correspond pas aux normes sociales.
  • La honte doit changer de camp : ce n’est pas vous le problème, c’est la société qui vous fait croire que vous devez avoir honte.

C’est pourquoi sortir de la culture des régimes et manger librement, accepter son corps est un acte féministe.


Comment reprendre le pouvoir

La honte est une émotion complexe et profondément socialisée, qui touche particulièrement les femmes. Elle influence notre corps, notre alimentation, notre sexualité et nos comportements. Mais en la décryptant, en en parlant et en la remettant à sa juste place, il est possible de s’en libérer.

Si vous souhaitez vous affranchir de la honte corporelle et alimentaire, parler à quelqu’un qui comprend le sujet ou se faire accompagner dans ce cheminement (comme ce que je propose !) peut être une étape essentielle.

Parler, mettre des mots et comprendre d’où vient la honte est le premier pas pour retrouver la liberté de votre corps, de votre alimentation et de votre vie.


Te délivrer de la honte avec l’Alimentation Intuitive et mon approche féministe du rapport au corps (féminisme alimentaire et corporel)

Si cet article t’a parlé, sache que c’est exactement ce qu’on travaille dans mes accompagnements comme Croque, Madame !.Ou encore mon accompagnement individuel en Alimentation Intuitive RESET.

Prends un appel découverte pour qu’on s’en parle !

J’ai également un podcast Reset ton assiette disponible sur mon site, et plein d’autres ressources gratuites ou payantes. N’hésite pas à jeter un oeil 😉


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