« Ah là là, elle s’est laissée aller ! »
Tu l’as déjà entendue, cette phrase ? Peut-être qu’on te l’a déjà dite. Peut-être même que tu te le répètes à toi-même, quand tu remarques que tes vêtements serrent un peu plus, que tu te maquilles moins, ou que tu as pris du poids.
Et si je te disais que cette phrase « se laisser aller » est l’une des plus toxiques qu’on ait intégrée dans nos têtes ?
Dans cet article, on va déconstruire ensemble ce que ça veut dire « se laisser aller », pourquoi c’est une expression patriarcale et grossophobe, et surtout comment passer de la culpabilité au vrai lâcher-prise grâce à l’alimentation intuitive et à une nouvelle relation avec ton corps.
Spoiler : non, tu ne te « laisses pas aller ». Tu reprends juste ton pouvoir.
Bonne lecture !
🎧 Tu peux écouter l’épisode correspondant à cet article sur mon podcast Reset ton assiette, le podcast de référence sur l’Alimentation Intuitive, la culture des régimes, le féminisme…
Sommaire :
- D’où vient cette idée de « se laisser aller » ?
- Pourquoi « se laisser aller » n’existe pas vraiment
- Le lien avec la culture des régimes et le contrôle de ton apparence
- Redéfinir le « laisser aller » : et si c’était… de l’empouvoirement féministe ?
- Comment déconstruire la peur de « se laisser aller »
- Mes accompagnements, programmes et podcast pour appliquer te libérer des injonctions et voir ton corps autrement via mon approche féministe
D’où vient cette idée de « se laisser aller » ?
Une expression spécifique aux femmes
On ne va pas se mentir : ce fameux « elle s’est laissée aller » vise quasiment toujours les femmes.
Quand un homme prend du poids, se coiffe moins ou vieillit, il est « charismatique », « viril », « naturel ».
Une femme qui fait la même chose ? Elle est cataloguée « négligée », « sans volonté », bref… elle s’est « laissée aller ».
👉 Tu le vois déjà : c’est une expression sexiste, qui entretient l’idée qu’une femme doit toujours être « présentable », « sous contrôle », « impeccable ».
Une confusion avec la volonté et le contrôle
Dire de quelqu’un qu’il se laisse aller, c’est sous-entendre :
- qu’il ne fait plus d’effort,
- qu’il manque de volonté,
- qu’il n’exerce plus de contrôle sur son corps.
Mais qui a décidé qu’il fallait contrôler son corps 24h/24 ? 🤨 Qui a décidé que prendre du poids, arrêter les régimes ou arrêter de s’épiler, c’était « se laisser aller » ?
Pourquoi « se laisser aller » n’existe pas vraiment
Ton corps n’est pas un chien en laisse
Rien que le mot « laisser » renvoie à une image passive : tu laisses passer quelqu’un devant toi, tu laisses faire les choses.
Et « se laisser aller », ça donne presque l’impression que ton corps était tenu en laisse et que tu l’as relâché… qu’il « part à la dérive ».
Mais ton corps n’est pas un chien à tenir en laisse.
Ton corps est vivant. Et vivre, ce n’est pas dériver : c’est exister, c’est ressentir, c’est évoluer.
Ce que tu appelles « se laisser aller », c’est en réalité…vivre
Quand tu arrêtes les régimes, quand tu arrêtes de te maquiller tous les jours, quand tu choisis de manger en fonction de ta faim plutôt que d’un plan alimentaire :
👉 Ce n’est pas « se laisser aller ».
👉 C’est reprendre ton autonomie.
👉 C’est te libérer des injonctions.
En fait, c’est tout sauf passif : c’est un acte militant, un choix actif, une décision de vivre pour toi.
Le lien avec la culture des régimes et le contrôle de ton apparence
Le mythe du contrôle comme vertu morale propre à la culture des régimes et la société grossophobe
La culture des régimes nous a fait croire que :
- contrôler son alimentation = être disciplinée, volontaire, « bonne élève »,
- manger en fonction de ses besoins = manquer de volonté, « craquer », « se laisser aller ».
Tu vois l’arnaque ? On valorise le contrôle, même quand il est destructeur (restrictions, frustration, TCA), et on dévalorise l’écoute de soi, même quand elle est saine et logique.
Le piège mental : « si je lâche le contrôle, je vais me laisser aller »
Peut-être que tu te dis exactement ça :
- « J’ai peur de lâcher le contrôle de mon alimentation. »
- « Si je ne me restreins pas, je vais trop manger. »
- « Si je ne fais pas attention, je vais grossir et ce sera la catastrophe. »
En réalité, c’est le contrôle qui crée la perte de contrôle.
C’est en voulant te restreindre que tu finis par craquer.
C’est en luttant contre ton corps que tu développes des compulsions.
l’Alimentation Intuitive t’aide exactement à déconstruire ça : tu n’as pas besoin de contrôler ton corps. Tu peux l’écouter et lui faire confiance.
Redéfinir le « laisser aller » : et si c’était… de l’empouvoirement féministe ?
Laisser tomber les régimes, c’est agir
Arrêter les régimes, ce n’est pas être faible.
C’est :
- dire stop à la culture des régimes et au patriarcat qui t’infantilise,
- dire oui à ton corps et à tes besoins,
- te libérer d’une prison mentale.
C’est un acte fort. On peut dire que c’est militantisme.
Ce n’est pas du « laisser aller », c’est du lâcher le contrôle toxique.
C’est un acte féministe également.
Laisser ton corps exister, c’est reprendre ta place
Quand tu manges à ta faim, quand tu ne te forces plus à entrer dans une taille trop petite, quand tu choisis de vivre dans le corps que tu as aujourd’hui :
👉 Tu ne te laisses pas aller.
👉 Tu reprends ta place.
C’est exactement le contraire de ce qu’on essaie de te faire croire.
Comment déconstruire la peur de « se laisser aller »
Recadrer tes pensées pour changer ton discours intérieur
La prochaine fois que tu penses :
« Je me laisse aller parce que je grossis »
Change le narratif en :
« Mon corps reprend sa place, je l’écoute, je me libère. »
Ton cerveau va avoir besoin de répétition, mais plus tu recadres, plus tu crées de nouvelles croyances.
Identifier le discours patriarcal et grossophobe qui se joue en toi
Quand tu te juges en mode « je me laisse aller » :
- Est-ce ta voix intérieure…ou la société qui parle à travers toi ?
- Est-ce que ce jugement vient de toi…ou de ce que tu as entendu depuis l’enfance ?
Souvent, ce n’est même pas toi. C’est la voix du patriarcat, de la culture des régimes que tu as internalisée.
Passer de la peur de vivre dans le corps que tu as à un choix conscient de liberté
Demande-toi : qu’est-ce qui est le pire ?
- Vivre en te contrôlant en permanence, en t’épuisant ?
- Ou vivre en faisant confiance à ton corps, même s’il sort des normes ?
Spoiler : la deuxième option est celle qui mène à la liberté.
Conclusion : Tu ne te laisses pas aller, tu es juste en paix avec qui tu es réellement
La vérité, c’est que tu ne te laisses pas aller.
Tu arrêtes juste de te battre contre toi-même.
Tu lâches le contrôle toxique pour reprendre ton autonomie, ton estime et ton énergie.
Alors la prochaine fois que tu entends ou que tu penses « elle se laisse aller », rappelle-toi :
👉 Non, elle vit.
👉 Non, elle ne manque pas de volonté.
👉 Oui, elle reprend sa place.
Et toi aussi, tu peux reprendre la tienne.
Mes accompagnements, programmes et podcast pour appliquer te libérer des injonctions et voir ton corps autrement via mon approche féministe
Si cet article t’a parlé, sache que c’est exactement ce qu’on travaille dans mes accompagnements comme Croque, Madame !.
Ensemble, on déconstruit ces injonctions, on travaille le rapport au corps et à l’alimentation, et tu apprends à lâcher le contrôle pour enfin vivre librement dans ton corps d’aujourd’hui.
Prends un appel découverte pour qu’on s’en parle !
J’ai également un podcast Reset ton assiette disponible sur mon site, et plein d’autres ressources gratuites ou payantes. N’hésite pas à jeter un oeil 😉

