Dans cet article, j’ai décidé de revenir sur les idées reçues sur les TCA et surtout sur mes « opinions impopulaires » à ce sujet. Car pour moi il y a énormément de choses qu’on ne dit pas assez sur les Troubles du Comportement Alimentaire.
Alors voici mon avis, sans filtre sur les discours qu’on peut tenir sur les TCA.
Bonne lecture et/ou bon visionnage/écoute !
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Sommaire :
- Faut-il vraiment une équipe pluridisciplinaire pour traiter les TCA ?
- Et si les régimes étaient la vraie cause des TCA ?
- Les TCA sont-ils vraiment individuels… ou profondément sociétaux ?
- Et si “tout le monde” avait un rapport troublé à l’alimentation ?
- Pourquoi il faut arrêter de parler uniquement de “TCA”
- La grossophobie : la cause qu’on ne veut pas voir
- Pourquoi la prise en charge des TCA en France pose problème
- Conclusion : les TCA c’est bien plus profond et sociétal qu’on ne pense
- Découvrez l’Alimentation Intuitive : une thérapie encourageante pour les TCA
Faut-il vraiment une équipe pluridisciplinaire pour traiter les TCA ?
C’est probablement l’un des discours les plus répandus : pour guérir des TCA, il faudrait absolument une équipe composée d’un psy, d’un diététicien, d’un médecin…
Sur le papier, c’est logique. Les TCA sont complexes, donc plusieurs expertises semblent pertinentes et c’est en effet ce qui est recommandé.
Mais là où je ne suis pas d’accord, c’est quand ce modèle devient une obligation universelle.
Parce que non, tout le monde n’a pas besoin d’un suivi pluridisciplinaire.
Dans les cas les plus sévères : hospitalisation, dénutrition importante, risques médicaux avérés, évidemment que c’est essentiel. Mais pour beaucoup de personnes avec une alimentation troublée ou des TCA moins sévères, un seul professionnel bien formé peut largement suffire.
Et surtout, il y a un vrai problème qu’on ne dit pas assez :
👉 Ce modèle est dissuasif.
👉 Il est coûteux et nécessite un certain privilège financier.
👉 Et il peut retarder la prise en charge.
Quand on dit à quelqu’un qu’il faut 4 ou 5 professionnels pour s’en sortir, beaucoup abandonnent avant même de commencer.
Alors que parfois, ce qui fait vraiment la différence, ce n’est pas le nombre de pros… mais la qualité de l’accompagnement et de la formation en TCA (et approche non pondéro-centrée) et autres du professionnel.
Et si les régimes étaient la vraie cause des TCA ?
C’est une autre opinion qui fait grincer des dents.
Mais aujourd’hui, on le sait : le premier facteur de risque des TCA, ce sont les régimes et la restriction alimentaire.
Et pourtant, on continue à banaliser la culture des régimes.
On continue à faire croire que :
- contrôler son alimentation est “normal”
- vouloir maigrir est “sain”
- se restreindre est “responsable”
Alors qu’en réalité, c’est souvent le point de départ du problème.
Bien sûr, il n’y a jamais une seule cause aux TCA et c’est une maladie multifactorielles. Les traumatismes, l’environnement, la personnalité jouent aussi un rôle.
Mais ignorer le rôle central des régimes, c’est passer à côté de quelque chose d’énorme, et c’est dommage qu’on ne mette pas plus en garde contre les restrictions au sens large (pas « juste » les régimes stricts)
Les TCA sont-ils vraiment individuels… ou profondément sociétaux ?
On parle souvent des TCA comme d’un problème individuel.
Une “maladie mentale” qui toucherait certaines personnes.
Moi, je ne suis pas d’accord avec cette vision.
Parce que quand on regarde de plus près, on retrouve toujours les mêmes éléments :
- une faible estime de soi
- du perfectionnisme
- une pression sur le corps
- une peur de grossir
Et ces éléments, ils ne sortent pas de nulle part.
Ils sont construits et genrés.
👉 Par la société
👉 Par les normes
👉 Par la culture des régimes
👉 Et oui… par le patriarcat
Dire ça, ce n’est pas faire une théorie du complot mais remettre du contexte.
On vit dans un système patriarcal qui valorise la minceur, alimente la grossophobie contrôle les corps (surtout ceux des femmes) et entretient une insatisfaction corporelle permanente.
Dans ce contexte, développer des TCA n’a rien d’absurde chez les femmes. Au contraire, c’est presque « logique » voire attendu des femmes. Leur prévalence chez les femmes le prouvent.
C’est pourquoi les TCA sont un enjeu féministe pour moi.
Et si “tout le monde” avait un rapport troublé à l’alimentation ?
Autre opinion impopulaire : les TCA ne sont pas si rares.
En réalité, il existe un continuum.
Entre “relation saine à l’alimentation” et “TCA diagnostiqué”, il y a toute une zone grise qu’on appelle l’alimentation troublée.
Et dans cette zone, il y a énormément de monde.
👉 culpabiliser après avoir mangé
👉 vouloir “se rattraper”/compenser
👉 manger avec peur ou avec contrôle
👉 penser constamment à son poids
Tout ça est devenu normal.
Tellement normal qu’on ne s’en inquiète même plus.
Mais ce n’est pas normal. C’est juste normalisé. J’en parlais ici aussi dans cet article.
Pourquoi il faut arrêter de parler uniquement de “TCA”
Le terme TCA est utile médicalement. Mais dans le discours courant, il pose problème.
Parce qu’il crée une frontière artificielle : soit tu es “malade”, soit tu ne l’es pas.
Beaucoup de personnes ainsi minimisent leur souffrance parce qu’elles ne “cochent pas toutes les cases”.
Surtout sur l’anorexie qui reste souvent diagnostiquée sur le poids.
Elles se disent :
“Je n’ai pas de TCA, donc ça va.” Elle ne sentent pas légimites non plus à aller chercher de l’aide.
Alors qu’elles souffrent réellement dans leur rapport à la nourriture.
C’est pour ça que je préfère parler aussi d’alimentation troublée, en prélude aux TCA.
C’est plus inclusif. Plus réaliste. Et surtout, ça permet à plus de personnes de se reconnaître et de demander de l’aide.
La grossophobie : la cause qu’on ne veut pas voir
S’il y a une chose qu’on évite encore trop souvent dans le discours sur les TCA, c’est la grossophobie.
Et pourtant, elle est partout.
👉 Dans la peur de grossir
👉 Dans les régimes
👉 Dans les discours sur la santé
👉 Dans la prise en charge médicale
On peut tourner autour du sujet autant qu’on veut, mais à un moment il faut être honnête :
👉 Sans grossophobie, les TCA seraient beaucoup moins présents.
Parce que sans peur du poids :
- pourquoi se restreindre ?
- pourquoi compenser ?
- pourquoi contrôler autant son alimentation ?
La grossophobie ne fait pas que déclencher les TCA. Elle les entretient.
Et tant qu’on ne la remettra pas en question, on passera à côté d’une partie essentielle du problème.
Pourquoi la prise en charge des TCA en France pose problème
C’est un sujet sensible, mais important.
Aujourd’hui, la prise en charge des TCA en France reste largement perfectible.
Pas à cause des professionnels individuellement.
Mais à cause du système.
On observe encore :
- une forte grossophobie médicale
- une peur du poids omniprésente
- un manque d’approches comportementales modernes
- et une méconnaissance de certaines méthodes comme l’alimentation intuitive (qui a des bienfaits sur les TCA à voir dans cet article)
Résultat : des accompagnements parfois incohérents.
On dit aux personnes :
👉 “Il faut manger plus”
👉 mais aussi “attention à ne pas trop grossir”
Ce double discours entretient la peur au lieu de la déconstruire.
C’est pourquoi je forme aussi les professionnels, via mon espace de formation en Alimentation Intuitive et à une approche non-pondéro centrée : Sans Régimes Ajoutés.
Conclusion : les TCA c’est bien plus profond et sociétal qu’on ne pense
Les TCA ne sont pas juste une question de volonté.
Ni juste une maladie individuelle.
Ni juste une question de nourriture.
Ce sont des problématiques complexes, profondément liées à notre environnement.
Et peut-être que la vraie question n’est pas seulement :
“Comment soigner les TCA ?”
Mais aussi :
“Pourquoi ils existent autant aujourd’hui ?”
Découvrez l’Alimentation Intuitive : une thérapie encourageante pour les TCA
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